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Et même le Fides a repris!!
Notre première rencontre a porté sur le message
qu'a écrit le Pape Benoît XVI aux jeunes du monde entier pour la 23ème
Journée Mondiale de la Jeunesse. qui aura lieu à Sydney en 2008 sur le
thème:
«Vous allez recevoir une force, celle du
Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins»
(Ac 1, 8)
Le style du Pape invite les
jeunes à nourrir l’intelligence pour témoigner du bonheur de la foi
grace au don de l'Esprit Saint.
Et voici son message:
MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI AUX JEUNES DU MONDE À
L’OCCASION DE LA XXIIIe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE, 2008
« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur
vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8)
Chers jeunes,
1. La XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse
Je me souviens toujours avec grande joie des différents moments que nous
avons passés ensemble à Cologne en août 2005. À la fin de cette
inoubliable manifestation de foi et d’enthousiasme, qui demeure gravée
en mon esprit et en mon cœur, je vous ai donné rendez-vous pour la
prochaine rencontre qui aura lieu à Sydney en 2008. Ce sera la XXIIIe
Journée mondiale de la Jeunesseet elle aura pour thème : « Vous allez
recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors
vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Le fil conducteur de la préparation
spirituelle pour le rendez-vous de Sydney est l’Esprit Saint et la
mission. Si en 2006, nous nous sommes arrêtés pour méditer sur l’Esprit
Saint comme Esprit de vérité, en 2007 nous avons cherché à découvrir
plus profondément l’Esprit d’amour, pour nous acheminer ensuite vers la
Journée mondiale de la Jeunesse de 2008, en réfléchissant sur l’Esprit
de force et de témoignage, qui nous donne le courage de vivre l’Évangile
et l’audace de le proclamer. Il est donc fondamental que chacun de vous
les jeunes, dans sa communauté et avec ses éducateurs, puisse réfléchir
sur le Protagoniste de l’histoire du salut qu’est l’Esprit Saint, ou
Esprit de Jésus, pour parvenir aux buts élevés suivants : reconnaître la
véritable identité de l’Esprit, d’abord en écoutant la Parole de Dieu
dans la Révélation biblique ; prendre conscience lucidement de sa
présence continue, active, dans la vie de l’Église, en particulier en
redécouvrant que l’Esprit Saint se présente comme “âme”, souffle vital
de la vie chrétienne, grâce aux sacrements de l’initiation chrétienne –
Baptême, Confirmation et Eucharistie ; devenir ainsi capable de mûrir
une compréhension de Jésus toujours plus approfondie et plus joyeuse, et
en même temps de réaliser une mise en pratique efficace de l’Évangile à
l’aube du troisième millénaire. Par ce message, je veux vous offrir une
trame de méditation à approfondir durant cette année de préparation qui
vous permettra de vérifier la qualité de votre foi dans l’Esprit Saint,
de la retrouver si elle est perdue, de la fortifier si elle est
affaiblie, de la goûter comme compagnie du Père et du Fils Jésus Christ,
précisément grâce à l’action indispensable de l’Esprit Saint. N’oubliez
jamais que l’Église, et même l’humanité qui vous entoure et qui vous
attend dans l’avenir, compte beaucoup sur vous les jeunes, parce que
vous avez en vous le don suprême du Père, l’Esprit de Jésus.
2. La promesse de l’Esprit Saint dans la Bible
L’écoute attentive de la Parole de Dieu en ce qui concerne le mystère et
l’œuvre de l’Esprit Saint nous ouvre à de grandes et stimulantes
connaissances, qui se résument dans les points suivants.
Peu avant son Ascension, Jésus dit à ses disciples : « Et moi, je vais
envoyer sur vous ce que mon Père a promis » (Lc 24, 49). Cela s’est
réalisé le jour de la Pentecôte, lorsqu’ils étaient réunis en prière au
Cénacle avec la Vierge Marie. L’effusion de l’Esprit Saint sur l’Église
naissante fut l’accomplissement d’une promesse de Dieu beaucoup plus
ancienne, annoncée et préparée tout au long de l’Ancien Testament.
En effet, dès les premières pages, la Bible évoque l’esprit de Dieu
comme un souffle « qui planait au-dessus des eaux » (Gn 1, 2) et précise
que Dieu insuffla dans les narines de l’homme un souffle de vie (cf. Gn
2, 7), lui donnant ainsi la vie elle-même. Après le péché originel,
l’esprit vivifiant de Dieu se manifestera sous différentes formes dans
l’histoire des hommes, suscitant des prophètes pour inciter le peuple
élu à revenir vers Dieu et à observer fidèlement ses commandements. Dans
la célèbre vision du prophète Ézéchiel, Dieu fait revivre par son esprit
le peuple d’Israël, représenté par des « ossements desséchés » (cf. 37,
1-14). Joël prophétise une « effusion de l’esprit » sur tout le peuple,
dont nul n’est exclu : « Après cela – écrit l’Auteur sacré –, je
répandrai mon esprit sur toute créature… Même sur les serviteurs et sur
les servantes je répandrai mon esprit en ces jours-là » (3, 1-2).
À la « plénitude des temps » (cf. Ga 4, 4), l’ange du Seigneur annonce à
la Vierge de Nazareth que l’Esprit Saint, « puissance du Très-Haut »,
descendra sur elle et la prendra sous son ombre. Celui qu’elle enfantera
sera donc saint et appelé Fils de Dieu (cf. Lc 1, 35). Selon l’expression
du prophète Isaïe, le Messie sera celui sur qui reposera l’Esprit du
Seigneur (cf. 11, 1-2 ; 42, 1). C’est précisément cette prophétie que
Jésus reprit au début de son ministère public, dans la synagogue de
Nazareth : « L’Esprit du Seigneur – dit-il devant ses auditeurs étonnés
– est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a
envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers
qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter
aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par
le Seigneur » (Lc 4, 18-19 ; cf. Is 61, 1-2). S’adressant aux personnes
présentes, il s’appliquera à lui-même ces paroles prophétiques en
affirmant : « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre,
c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit » (Lc 4, 21). Et encore, avant sa
mort sur la croix, il annoncera à plusieurs reprises à ses disciples la
venue de l’Esprit Saint, le “Consolateur”, dont la mission sera de lui
rendre témoignage, d’assister les croyants, de les enseigner et de les
conduire vers la Vérité tout entière (cf. Jn 14, 16-17. 25-26 ; 15, 26 ;
16, 13).
3. La Pentecôte, point de départ de la mission de l’Église
Au soir de sa résurrection, apparaissant à ses disciples, Jésus «
répandit sur eux son souffle et il leur dit : “Recevez l’Esprit Saint” »
(Jn 20, 22). Avec encore plus de force, l’Esprit Saint descendit sur les
Apôtres le jour de la Pentecôte : « Soudain, il vint du ciel un bruit
pareil à celui d’un violent coup de vent – lit-on dans les Actes des
Apôtres – : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils
virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et
qui se posa sur chacun d’eux » (2, 2-3).
L’Esprit Saint renouvela intérieurement les Apôtres, les revêtant d’une
force qui leur donna l’audace d’annoncer sans peur : « Le Christ est
mort et il est ressuscité ! » Libérés de toute peur, ils commencèrent à
parler avec assurance (cf. Ac 2, 29 ; 4, 13 ; 4, 29. 31). Ces pêcheurs
craintifs de Galilée étaient devenus de courageux annonciateurs de l’Évangile.
Même leurs ennemis ne comprenaient pas comment « des hommes quelconques
et sans instruction » (Ac 4, 13) pouvaient faire preuve d’un tel courage
et supporter avec joie les contrariétés, les souffrances et les
persécutions. Rien ne pouvait les arrêter. À tous ceux qui cherchaient à
les contraindre au silence, ils répondaient : « Quant à nous, il nous
est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu » (Ac
4,20). C’est ainsi qu’est née l’Église, qui, depuis le jour de la
Pentecôte, n’a cessé de répandre la Bonne Nouvelle « jusqu’aux
extrémités de la terre » (Ac 1, 8).
4. L’Esprit Saint, âme de l’Église et principe de communion
Mais pour comprendre la mission de l’Église, nous devons revenir au
Cénacle où les disciples restèrent ensemble (cf. Lc 24, 49), priant avec
Marie, la “Mère”, dans l’attente de l’Esprit promis. C’est de cette
icône de l’Église naissante que toute communauté chrétienne doit en
permanence s’inspirer. La fécondité apostolique et missionnaire n’est
pas d’abord le résultat de méthodes et de programmes pastoraux savamment
élaborés et “efficaces”, mais le fruit de l’incessante prière
communautaire (cf. Paul VI, Exhort. apost. Evangelii nuntiandi n. 75).
En outre, l’efficacité de la mission présuppose que les communautés
soient unies, à savoir qu’elles aient « un seul cœur et une seule âme »
(Ac 4, 32), et qu’elles soient disposées à témoigner de l’amour et de la
joie que l’Esprit Saint répand dans le cœur des fidèles (cf. Ac 2, 42).
Le Serviteur de Dieu Jean-Paul II écrivait qu’avant même d’être une
action, la mission de l’Église est un témoignage et un rayonnement (cf.
Encycl. Redemptoris missio, n. 26). C’est ce qui se passait au début du
christianisme, quand les païens, écrit Tertullien, se convertissaient en
voyant l’amour qui régnait entre les chrétiens : « Voyez – disent-ils –
comme ils s’aiment » (cf. Apologétique, n. 39 § 7).
En concluant ce rapide aperçu sur la Parole de Dieu dans la Bible, je
vous invite à remarquer combien l’Esprit Saint est le don le plus grand
que Dieu fait à l’homme, et donc le témoignage suprême de son amour pour
nous, un amour qui s’exprime concrètement comme un « oui à la vie » que
Dieu veut pour chacune de ses créatures. Ce « oui à la vie » prend sa
forme la plus accomplie en Jésus de Nazareth et dans sa victoire sur le
mal par la rédemption. À ce propos, n’oublions jamais que l’Évangile de
Jésus, en raison même de l’Esprit, ne se réduit pas à une simple
constatation, mais qu’il veut devenir « bonne nouvelle pour les pauvres,
libération pour les prisonniers, retour à la vue pour les aveugles… ».
C’est ce qui s’est produit avec vigueur le jour de la Pentecôte,
devenant pour l’Église une grâce et un devoir envers le monde, sa
mission prioritaire.
Nous sommes les fruits de cette mission de l’Église par l’action de
l’Esprit Saint. Nous portons en nous le sceau de l’amour du Père en
Jésus Christ qu’est l’Esprit Saint. Ne l’oublions jamais, parce que
l’Esprit du Seigneur se souvient toujours de chacun et qu’il veut, en
particulier à travers vous les jeunes, susciter dans le monde le vent et
le feu d’une nouvelle Pentecôte.
5. L’Esprit Saint, « Maître intérieur »
Chers jeunes, aujourd’hui encore l’Esprit Saint continue donc à agir
avec puissance dans l’Église et ses fruits sont abondants dans la mesure
où nous sommes disposés à nous ouvrir à sa force rénovatrice. C’est
pourquoi il est important que chacun de nous Le connaisse, qu’il entre
en relation avec Lui et qu’il se laisse guider par Lui. Mais à ce point,
une question surgit naturellement : qui est l’Esprit Saint pour moi ?
Pour de nombreux chrétiens en effet, Il est encore le « grand inconnu ».
Voilà pourquoi, en nous préparant à la prochaine Journée mondiale de la
Jeunesse, j’ai voulu vous inviter à approfondir votre connaissance
personnelle de l’Esprit Saint. Dans la profession de foi, nous
proclamons : « Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne
la vie ; il procède du Père et du Fils » (Symbole de
Nicée-Constantinople). Oui, l’Esprit Saint, esprit d’amour du Père et du
Fils, est Source de vie qui nous sanctifie, « puisque l’amour de Dieu a
été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm
5, 5). Cependant il ne suffit pas de le connaître ; il faut L’accueillir
comme le guide de nos âmes, comme le « Maître intérieur », qui nous
introduit dans le Mystère trinitaire, parce que Lui seul peut nous
ouvrir à la foi et nous permettre d’en vivre chaque jour en plénitude.
C’est Lui qui nous pousse vers les autres, allumant en nous le feu de
l’amour, et qui nous rend missionnaires de la charité de Dieu.
Je sais bien toute l’estime et tout l’amour envers Jésus que vous, les
jeunes, vous portez dans votre cœur et combien vous désirez Le
rencontrer et parler avec Lui. Rappelez-vous donc que c’est précisément
la présence de l’Esprit en nous qui atteste, qui constitue et qui
construit notre personne sur la Personne même de Jésus crucifié et
ressuscité. Devenons donc familiers de l’Esprit Saint pour l’être aussi
de Jésus.
6. Les Sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie
Alors, me direz-vous, comment nous laisser renouveler par l’Esprit Saint
et comment grandir dans notre vie spirituelle ? La réponse est, vous le
savez, que cela est possible par les Sacrements, car la foi naît et se
fortifie grâce aux Sacrements, en particulier ceux de l’initiation
chrétienne : le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, qui sont
complémentaires et inséparables (cf. Catéchisme de l’Église Catholique,
n. 1285). Cette vérité sur les trois Sacrements qui sont à l’origine de
notre être chrétien est sans doute négligée dans la vie de foi de
nombreux chrétiens, pour lesquels ce sont des gestes accomplis dans le
passé, sans incidence réelle sur le présent, comme des racines sans sève
vitale. Il arrive qu’une fois la Confirmation reçue, des jeunes s’éloignent
de la vie de foi. Il y a également des jeunes qui ne reçoivent même pas
ce sacrement. C’est pourtant par les sacrements du Baptême, de la
Confirmation et, de manière continuée, par l’Eucharistie, que l’Esprit
Saint nous rend fils du Père, frères de Jésus, membres de son Église,
capables de rendre un vrai témoignage envers l’Évangile, de goûter la
joie de la foi.
Je vous invite donc à réfléchir sur ce que je vous écris. Il est
particulièrement important aujourd’hui de redécouvrir le sacrement de la
Confirmation et d’en retrouver la valeur pour notre croissance
spirituelle. Que celui qui a reçu les sacrements du Baptême et de la
Confirmation se souvienne qu’il est devenu « temple de l’Esprit » : Dieu
habite en lui. Qu’il en soit toujours conscient et fasse en sorte que le
trésor qui est en lui porte des fruits de sainteté. Que celui qui est
baptisé, mais qui n’a pas encore reçu le sacrement de la Confirmation,
se prépare à le recevoir en sachant qu’il deviendra ainsi un chrétien «
accompli », parce que la Confirmation parfait la grâce baptismale (cf.
CCC, nn. 1302-1304).
La Confirmation nous donne une force spéciale pour témoigner de Dieu et
pour le glorifier par toute notre vie (cf. Rm 12, 1) ; elle nous rend
intimement conscients de notre appartenance à l’Église, « Corps du
Christ », dont nous sommes tous des membres vivants, solidaires les uns
des autres (cf. 1 Co 12,12-25). Tout baptisé peut apporter sa
contribution à l’édification de l’Église en se laissant guider par
l’Esprit, grâce aux charismes qu’Il donne, car « chacun reçoit le don de
manifester l’Esprit en vue du bien commun » (1 Co 12, 7). Et quand
l’Esprit agit, il apporte dans l’âme ses fruits, qui sont « amour, joie,
paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi »
(Ga 5, 22). À ceux d’entre vous qui n’ont pas encore reçu le sacrement
de la Confirmation, j’adresse une invitation cordiale à se préparer à l’accueillir,
en demandant l’aide de leurs prêtres. C’est une occasion de grâce toute
particulière que le Seigneur vous offre : ne la laissez pas passer !
Je voudrais encore ajouter une parole sur l’Eucharistie. Pour croître
dans la vie chrétienne, il est nécessaire de se nourrir du Corps et du
Sang du Christ : en effet, nous sommes baptisés et confirmés en vue de
l’Eucharistie (cf. CCC, 1322 ; Exhort. apost. Sacramentum caritatis, n.
17). « Source et sommet » de la vie ecclésiale, l’Eucharistie est une «
Pentecôte perpétuelle », parce que chaque fois que nous célébrons la
Messe, nous recevons l’Esprit Saint, qui nous unit plus profondément au
Christ et qui nous transforme en Lui. Chers jeunes, si vous participez
fréquemment à la célébration eucharistique, si vous prenez un peu de
votre temps pour l’adoration du Saint-Sacrement, alors, de la Source de
l’amour qu’est l’Eucharistie, vous sera donnée la joyeuse détermination
à consacrer votre vie à la suite de l’Évangile. Vous ferez en même temps
l’expérience que là où nous ne réussissons pas par nos propres forces,
l’Esprit Saint vient nous transformer, nous remplir de sa force et faire
de nous des témoins remplis de l’ardeur missionnaire du Christ
ressuscité.
7. La nécessité et l’urgence de la mission
Bien des jeunes regardent leur vie avec appréhension et se posent de
nombreuses questions sur leur avenir. Et ils se demandent avec
préoccupation : comment nous insérer dans un monde marqué par des
injustices et des souffrances nombreuses et graves ? Comment réagir face
à l’égoïsme et à la violence qui semblent parfois l’emporter ? Comment
donner tout son sens à la vie ? Comment faire en sorte que les fruits de
l’Esprit que nous avons rappelés précédemment, « amour, joie, paix,
patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi » (n.
6), inondent notre monde blessé et fragile, le monde des jeunes en
particulier ? À quelles conditions l’Esprit vivifiant de la première
création et surtout de la seconde création, ou rédemption, peut-il
devenir l’âme nouvelle de l’humanité ? N’oublions pas que plus le don de
Dieu est grand – et celui de l’Esprit de Jésus est éminent – plus est
grand le besoin du monde de le recevoir et donc grande et passionnante
la mission de l’Église d’en donner un témoignage crédible. Et vous les
jeunes, par la Journée mondiale de la Jeunesse, d’une certaine façon
vous attestez votre volonté de participer à cette mission. À ce propos,
il me tient à cœur de vous rappeler, chers amis, quelques vérités de
base sur lesquelles méditer. Une fois encore, je vous répète que seul le
Christ peut combler les aspirations les plus intimes du cœur de l’homme
; Lui seul est capable d’humaniser l’humanité et de la conduire à sa «
divinisation ». Par la puissance de son Esprit, Il répand en nous la
charité divine qui nous rend capables d’aimer notre prochain et prêts à
nous mettre à son service. L’Esprit Saint éclaire, nous révélant le
Christ mort et ressuscité ; il nous indique la route pour devenir
davantage semblables à Lui, à savoir pour être « expression et
instrument de l’amour qui émane de lui » (Encycl. Deus caritas est, n.
33). Et celui qui se laisse guider par l’Esprit comprend que se mettre
au service de l’Évangile n’est pas une option facultative, parce qu’il
perçoit combien il est urgent de transmettre aussi aux autres cette
Bonne Nouvelle. Cependant, il convient de le rappeler encore, nous ne
pouvons être des témoins du Christ que si nous nous laissons guider par
l’Esprit Saint, qui est « l’agent principal de l’évangélisation » (Evangelii
nuntiandi, n. 75) et « le protagoniste de la mission » (Redemptoris
missio, n. 21). Chers jeunes, comme l’ont rappelé à maintes reprises mes
vénérés Prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II, annoncer l’Évangile et
témoigner de sa foi est aujourd’hui plus que jamais nécessaire (cf.
Redemptoris missio, n. 1). Certains pensent que présenter le précieux
trésor de la foi aux personnes qui ne la partagent pas signifie être
intolérants à leur égard, mais il n’en est pas ainsi, car proposer le
Christ ne signifie pas l’imposer (cf. Evangelii nuntiandi, n. 80). D’ailleurs,
cela fait deux mille ans que douze Apôtres ont donné leur vie afin que
le Christ soit connu et aimé. Depuis lors, l’Évangile continue à se
répandre au cours des siècles grâce à des hommes et à des femmes animés
par le même zèle missionnaire. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, des
disciples du Christ n’épargnent ni leur temps, ni leur énergie pour
servir l’Évangile. Il faut que des jeunes se laissent embraser par
l’amour de Dieu et qu’ils répondent généreusement à son appel pressant,
comme tant de jeunes bienheureux et saints l’ont fait dans le passé,
mais aussi à des époques plus récentes. En particulier, je vous assure
que l’Esprit de Jésus vous invite aujourd’hui, vous les jeunes, à porter
la belle nouvelle de Jésus aux jeunes de votre âge. L’indéniable
difficulté des adultes à rejoindre de manière compréhensible et
convaincante le monde des jeunes peut être un signe par lequel l’Esprit
entend vous pousser, vous les jeunes, à prendre en charge cette tâche.
Vous connaissez les idéaux, les langages, ainsi que les blessures, les
attentes, et le désir du bien qu’ont les jeunes de votre âge. S’ouvre à
vous le vaste monde des affections, du travail, de la formation, de vos
souhaits, de la souffrance des jeunes… Que chacun de vous ait le courage
de promettre à l’Esprit Saint d’amener un jeune à Jésus Christ, selon le
moyen qui lui semble le meilleur, en sachant « rendre compte de l’espérance
qui est en lui, avec douceur » (cf. 1 P 3, 15). Mais pour atteindre ce
but, chers amis, soyez saints, soyez missionnaires, parce qu’on ne peut
jamais séparer la sainteté de la mission (cf. Redemptoris missio, n.
90). N’ayez pas peur de devenir des saints missionnaires comme saint
François-Xavier, qui a parcouru l’Extrême Orient en annonçant la Bonne
Nouvelle jusqu’à l’extrémité des ses forces, ou comme sainte Thérèse de
l’Enfant-Jésus, qui fut missionnaire sans avoir quitté son Carmel : l’un
comme l’autre sont « Patrons des Missions ». Soyez prêts à mettre en jeu
votre vie pour illuminer le monde avec la vérité du Christ ; pour
répondre avec amour à la haine et au mépris de la vie ; pour proclamer
l’espérance du Christ ressuscité en tout point de la terre.
8. Invoquer une « nouvelle Pentecôte » sur le monde
Chers jeunes, je vous attends nombreux en juillet 2008 à Sydney. Ce sera
une occasion providentielle de faire pleinement l’expérience de la
puissance de l’Esprit Saint. Venez nombreux, pour être un signe d’espérance
et un soutien précieux pour les communautés de l’Église en Australie,
qui se préparent à vous accueillir. Pour les jeunes du pays qui nous
accueillera, ce sera une opportunité exceptionnelle d’annoncer la beauté
et la joie de l’Évangile à une société à bien des égards sécularisée. L’Australie,
comme toute l’Océanie, a besoin de redécouvrir ses racines chrétiennes.
Dans l’exhortation post-synodale Ecclesia in Oceania, Jean-Paul II
écrivait : « Par la puissance du Saint-Esprit, l’Église en Océanie se
prépare à une nouvelle évangélisation des peuples qui aujourd’hui ont
soif du Christ… La première priorité pour l’Église en Océanie, c’est de
procéder à une nouvelle évangélisation » (n. 18).
Je vous invite à consacrer du temps à la prière et à votre formation
spirituelle en cette dernière étape du chemin qui nous conduit à la
XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse, afin qu’à Sydney, vous puissiez
renouveler les promesses de votre Baptême et de votre Confirmation.
Ensemble, nous invoquerons l’Esprit Saint, demandant avec confiance à
Dieu le don d’une Pentecôte renouvelée pour l’Église et pour l’humanité
du troisième millénaire.
Que Marie, réunie en prière au Cénacle avec les Apôtres, vous accompagne
durant ces mois et qu’elle obtienne pour tous les jeunes chrétiens une
nouvelle effusion de l’Esprit Saint qui embrase vos cœurs. Rappelez-vous
que l’Église a confiance en vous ! Nous les Pasteurs, nous prions en
particulier pour que vous aimiez et fassiez aimer Jésus toujours plus et
que vous marchiez à sa suite fidèlement. Dans ces sentiments, je vous
bénis tous avec une grande affection.
De Lorenzago, le 20 juillet 2007.
BENEDICTUS PP. XVI
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